Etre incarcéré au Burundi, une peine que la justice devrait évaluer profondément

Arrêtés le 13 juin 2017, les trois représentants du PARCEM (Parole et Action pour le Réveil des Consciences et le Changement des Mentalités) dans la province Muramvya et commune Mbuye, NSHIMIRIMANA Emmanuel, GATORE Aimé-constant et NIZIGAMA Marius ont été récemment acquittés. C’est cette affaire d’acquittement qui faisait l’objet d’une conférence de presse organisée ce jeudi le 27 décembre 2018 par le président du PARCEM NDIKUMANA Faustin.

Selon Faustin NDIKUMANA, les trois membres avaient été arrêtés à Muramvya pendant que l’association PARCEM s’apprêtait à organiser une de ces réunions classiques sur le traitement des arrestations arbitraires dans la province de Muramvya. Selon toujours Faustin, le chef d’inculpation serait l’ atteinte à la sureté de l’Etat. Dans les lettres d’invitation une note qui détaillait les gens à inviter aurait été à l’origine de l’incarcération des trois représentants parce qu’il y aurait de l’exclusion pouvant engendrer des actes de déstabilisation de sécurité. Malgré toutes ces accusations, les trois individus continuaient à plaider "non coupable".

Après avoir été arrêtés, les deux à Mbuye et l’autre à Muramvya, ils avaient été transferés directement à la documentation sis à Bujumbura. Après enquête, le dossier a été transféré au parquet de Bujumbura. Par après, ils ont été retransférés à Muramvya pour l’organisation du procès proprement dit. C’est là qu’ils ont été condamnés les uns à 5, à 10 ans de prison. Directement, PARCEM a fait appel à la cour d’appel de Bujumbura. Après une année d’incarcération, ils viennent d’être acquittés.

Vu cette situation, le président du PARCEM regrette la manière dont la justice s’est comportée dans cette affaire. Il dit que normalement, avant d’emprisonner une personne, on devrait être sûr que la personne mérite la prison ou si elle peut répondre à la justice en étant libre. S’il faut être emprisonné pour finir par être acquitté plus tard, ça montre qu’il n’y a pas souvent de rigueur dans les enquêtes qu’on mène. On pourrait même envisager une libération sous caution quand on voit que cette personne ne peut fuir le pays. Et cela pour limiter les dégâts économiques et sociaux qui en découlent.

Il lance un appel à la justice d’évaluer en profondeur un dossier pour être sûr qu’il y a lieu ou pas d’emprisonner les gens préventivement avant que les procès ne soient organisés. Et cela limitera tous les arrestations et emprisonnements intempestifs qu’on observe dans le pays. Il termine en annonçant qu’une campagne de sensibilisation par rapport à cette situation d’incarcération « prématurée » pourra être organisée prochainement en 2019 au Burundi.

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